À travers une approche interdisciplinaire, ma pratique explore la manière dont le langage, l'écologie et la culture matérielle se façonnent mutuellement. Je m'intéresse au paysage en tant qu'archive vivante, porteur des traces des transformations environnementales, des histoires coloniales et des formes de mémoire qui dépassent l'expérience humaine.
Plutôt que d'envisager la nature comme un simple arrière-plan passif, mon travail considère la manière dont les plantes participent activement à façonner les lieux, notre perception et les significations culturelles que nous leur attribuons. Puisant dans la botanique, l'écologie, l'archéologie et l'histoire des sciences naturelles, j'examine la façon dont les systèmes de classification, de dénomination et de collecte ont influencé notre compréhension des paysages, mais aussi celle que nous avons de nous-mêmes.
Dans Invasive Archives, encyclopédies de géographie et d'histoire naturelle, espèces végétales invasives, spécimens botaniques et formes sculpturales sont réunis afin d'interroger les catégories figées qui opposent le natif à l'exogène, le naturel au construit. Les livres sont transformés en objets sculpturaux où coexistent texte, image et matière, tandis que squelettes végétaux, papier, porcelaine, bois et métal deviennent les dépositaires d'une mémoire à la fois écologique et culturelle. En déconstruisant puis en réassemblant des matériaux issus de fonds d'archives, les œuvres suggèrent que les archives ne sont jamais neutres : elles sont continuellement réécrites au gré des transformations de l'environnement.

