Naëtt Mbaye Sénégal, 1992

Qu'elle emprunte la photographie, la vidéo, l'installation, l'image textile ou le cinéma, la pratique de Naëtt Mbaye est avant tout une pratique du récit. Chaque médium devient une manière différente de raconter des histoires, d'interroger les représentations et de construire de nouvelles images dans lesquelles les femmes africaines et afrodescendantes peuvent se reconnaître.

 

Nourrie par son histoire familiale, sa triple culture franco-sénégalo-ivoirienne et les récits transmis au sein des communautés dont elle est issue, l'artiste explore les représentations des femmes africaines et afrodescendantes dans l'histoire comme dans les imaginaires contemporains. Elle s'attache à rendre visibles des figures, des récits et des expériences longtemps absents ou marginalisés dans les représentations dominantes.

 

Depuis plusieurs années, Naëtt Mbaye mène une recherche autour de la figure de la Drianké, personnage emblématique des sociétés sénégalaises associé à l'élégance, à l'influence sociale et à l'affirmation de soi. À travers les archives familiales, la photographie contemporaine, la vidéo et les installations textiles, elle interroge les codes visuels qui participent à la construction de cette figure, tout en questionnant la manière dont les femmes noires se représentent et sont représentées.

 

Ses œuvres instaurent ainsi un dialogue constant entre passé et présent, mémoire intime et histoire collective. Les images deviennent des espaces de réappropriation où se rejouent les questions de visibilité, de transmission et d'identité. Pour Naëtt Mbaye, il ne s'agit pas seulement de conserver des souvenirs ou de documenter des héritages, mais de produire de nouvelles représentations capables de nourrir les récits des générations présentes et futures.